LA MONNAIE. SECTION XV, CHAPITRE III. 665
du commerce petit ou grand et même dans celles desparticuliers non commerçants.
Quelque foi qu’on ait dans les avantages que présentel’emploi du chèque et du mécanisme des compensationsen général, ce n’est pas une raison pour considérer lebillet de banque comme devant disparaître dans un délaiqui ne serait pas très-long. L’opinion, qui répudie lebillet de banque, qualifié d’or supposé , a été soutenue avectalent par M. Cernuschi, dans un écrit récent juste-ment remarqué (1). En rendant hommage au savoir deM. Cernuschi et à son habileté dans l’art d’exposer sesidées, nous n’en regardons pas moins sa manière de voircomme profondément empreinte d’exagération.
Le chèque, le billet de banque, la lettre de change, nesont pas les seuls titres qui se substituent aux métauxprécieux dans les transactions. Il en est d’autres qui mé-ritent d’être cités. Nous ne voulons pas parler ici du pa-pier-monnaie. Contentons-nous de dire que le papier-monnaie est une témérité pleine de périls. J’ai en vue,en ce moment, l’usage qui se fait, en Angleterre, desbons de l’Échiquier (Exchequer bills), analogues à nosbons du Trésor. Ils sont employés dans les payementscommerciaux, et même quelquefois dans les règlementsde consommateur à fournisseur. Ce sont des engagementsde l’État dans lesquels on a confiance, et dont, grâce à lasolidité du gouvernement anglais, on est toujours assuréde trouver le montant en espèces, en les offrant à labourse (2). Ils sont en coupures rondes et produisent unlQ térêt qui se compte jour par jour, tandis que le billetde banque qu’on garde ne rapporte rien, et cette cir-constance ne contribue pas peu à les faire rechercher.
(h La mécanique de l’Échange.
(2) Pendant la crise de l’automne de 1847, ils ont été un instant au-dessous du pair; il -y avait longtemps qu’on n’avait rien vu de semblable