678 COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
de métaux précieux qu’elle désire, et qui, si tous ses débi-teurs se mettaient à lui expédier de l’or et de l’argent,n’en aurait que faire chez elle ; tandis que nos vins, nosfarines, nos fruits, nos soieries, nos articles de goût, sonten rapport direct avec ses besoins. C’est pour le Mexique,le Pérou, la Russie, la Californie, l’Australie, qu’il estnaturel de payer avec des lingots, des piastres, des dol-lars, des impériales ou de la poudre d’or.
Il est donc exact de dire que, en principe et en fait,les importations d’un pays s’acquittent au moyen desfruits de son propre travail qu’il exporte. On tire sur lui,du dehors, des letlres-de-change, jusqu’à concurrence desimportations qu’il a reçues ; il y répond par dès lettres-de-change qui représentent les exportations qu’il a livrées.La somme de celles-ci doit, en moyenne, pour un laps detemps de plusieurs années, équilibrer à peu près lasomme de celles-là, sinon envers chacun des États étran-gers en particulier, du moins pour l’ensemble, en sup-posant un pays qui soit stationnaire, sous le triple rap-port de la richesse, du capital et du luxe, et où lemécanisme monétaire et le mode des échanges restentles mêmes. C’est en ce sens qu’il y a une éclatantevérité dans cette proposition établie par J.-B. Say, quele commerce international est le troc des produits de l’uncontre les produits de l’autre.
Mais on ne doit pas perdre de vue que les importationsde chacun des deux États, qui sont des exportations p al 'rapport à l’autre partie contractante, sont appelées p aI ’les besoins raisonnés des populations respectives, je veuxdire par leurs besoins rapprochés de leurs ressources. ^se peut que la France ait besoin de plus de charbon et defonte cette année qu’à l’ordinaire, et qu’au contraire, l a
tiques qui y ont servi ont été soldées, en définitive, directement ou in-directement, aux contrées d’où on les a tirées, avec du travail français