LA MONNAIE. SECTION XVI, CHAPITRE I. 679
même année, l’Angleterre n’ait pas la volonté ou le pou-voir de consommer même la quantité accoutumée de vinde Champagne ou d’articles de Lyon et de Paris. Avecplus ou moins de temps, ces inégalités et ces dispropor-tions se balancent, mais ce n’est pas immédiatement. Jene disconviens pas que, si la France a tiré beaucoup plusde fonte et de charbon de la Grande-Bretagne, il est àcroire que ce surplus de demande aura répandu la pros-périté parmi les mineurs de Newcastle, ou les fondeurs de1 Écosse ou du pays de Galles, qui alors eux-mêmes aurontvraisemblablement consommé plus de produits en toutgenre, nationaux et étrangers, et spécialement de produitsfrançais; ils auront pu faire participer à leur bien-êtreinaccoutumé et à leurs consommations extraordinaires uncertain nombre de leurs compatriotes, d’où sera résulté,de la part de certains Anglais, une demande supplémen-taire spéciale des produits français. Il n’en est pas moinsvrai que c’est là un effet probable et non pas infaillible,et que ce surcroît de demande spéciale peut ne point com-penser la baisse de la demande générale du reste de l’An-gleterre. Bien des causes peuvent diminuer ou arrêter lereflux qui, dans l’hypothèse indiquée ici, tendait à se ma-nifester de Fiance en Angleterre, en conséquence du cou-rant plus fort qui a eu lieu des produits anglais vers lemarché français : un ensemble de spéculations mal conçuesou exagérées, qui aura renversé beaucoup de fortunes .etporté une atteinte profonde à la production et à la con-sommation dans la Grande-Bretagne, comme on l’a tropéprouvé en 1825 et en 1847 ; une agitation politique, oula fermeture accidentelle de quelques marchés extérieurs,qui auront restreint dans le pays le travail et par consé-quent l’aisance, ainsi qu’on l’a vu en 1861, quand laguerrecivile des États-Unis a réduit dans de fortes proportionsles importations de l’Amérique du Nord, en produits an-