LA MONNAIE. SECTION XVI, CHAPITRE I. 681
ces ne lui promettaient pas un profit qui pût le séduire,remarquera qu’il peutlesavoir àmeilleur marché, puisqu’ilsuffira, pour effectuer le payement,à Londres, d’une sommedonnée, de délivrer un montant moindre à Paris. Etpuis , il y a lieu de croire que la stagnation du com-merce d’exportation,d’Angleterre en France, aura dépriméle cours des produits anglais qui avaient l’habitude des’exporter, d’où une tentation nouvelle, pour le commerce,d’en acheter afin de les exporter en France ou ailleurs.
Certes, les variations qu’éprouve le cours du changeentre deux places voisines, comme Paris et Londres, sontbien modérées ; la quantité dont le change peut, en effet,s’écarter du pair en dessus ou en dessous est limitée parce qu’il en coûte pour transporter effectivement de l'ord’une place à l’autre, puisque, si la prime à payer pourl’opération du change excédait les frais de transport, onprendrait le parti de faire en réalité l’expédition. Or, cesfrais sont peu de chose. Neanmoins, les profits du com-merce sont ordinairement tellement restreints par la con-currence, que la différence entre un change favorable etlin défavorable est une des circonstances que prend enconsidération le commerçant dans ses commandes, et quicontribuent à rétablir la balance entre les importations etles exportations.
Pour voir comment l’équilibre se maintient, sans ungrand déplacement de métaux précieux, entre deux paysqui trafiquent beaucoup ensemble, il faut tenir comptedu commerce de ces deux États avec les diverses autresnations. Ce n’est pas le commerce de la France avecl’Angleterre seule qui se balance à peu près, sans l’inter-vention d’une grande quantité de métaux précieux enespèces ou en lingots, par une somme d’exportations ana-logue à celle des importations. La France peut s’acquittera ussi envers le commerce anglais par deslettres-de-change