680 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
glais ou autres, ainsi que ses retours en coton brut ; l'in-tempérie des saisons, qui aura porté un grand préjudice àquelqu’une des récoltes principales, causé la disette etappauvri la population.
L’habitant de la France qui fait venir d’Angleterre ducharbon, delà fonte, ou des fils de coton, ou des tissusdelin, ou des machines, n’est point le même qui expédie deFrance en Angleterre des vins, ou des farines, ou des soie-ries de Lyon, ou des toiles peintes de Mulhouse, ou desarticles de Paris. Ce sont deux individus très-distincts,l’un recevant la lettre-de-change d’un Anglais, l’autre dé-livrant la sienne à un Anglais différent. Entre eux, pointde solidarité directe, rien que des relations médiates etéloignées. L’opération faite par celui-ci n’entraîne pointimpérieusement, delà façon dont la cause entraîne l’effet,l’opération de celui-là ; ils se déterminent l’un et l’autre parune raison qui leur est propre, par le sentiment de leur in- :térêt, dans ses rapports avec les convenances générales du .■$consommateur, leur concitoyen. Une chose cependant IRest vraie : si une demande de produits anglais ne suit pas,-j|comme à l’ordinaire, l’expédition en Angleterre de Hproduits français; si une lettre-de-change tirée de l’An- ’ligleterre ne répond pas à la lettre-de-change tirée surl’Angleterre, les Anglais, pour s’acquitter, devront semettre en mesure d’embarquer de l’or ou de l’argentpour Calais. Cette perspective fera baisser le changede Londres sur Paris, c’est-à-dire que, désormais, 1 ki'logramme d’or, livrable à Londres, au lieu de s’échangercontre tout juste 1 kilogramme d’or livrable à Paris, nese troquera plus que contre une quantité un peu moin-dre. Cette altération dans le cours du change deviendraua attrait nouveau pour l’exportation de produits an-glais en France. Tel commerçant français qui se refusait àfaire venir des produits anglais, parce que les circonstan-