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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION XVI, CHAPITRE II.

curer, non pas une égale somme nominale dans les deuxplaces, mais bien une égale somme réelle, je veux direun même poids de métal (in, argent ou or.

Il faut que le pair du change entre deux places situéesdans des États différents soit facile à connaître et présentel’immutabilité d’un point fixe ; autrement les opérationscommerciales prennent un caractère d’incertitude, qui leslait plutôt fuir que rechercher des hommes prudentse t de bonne foi. A l’époque où les princes se laissaientaller ù la coupable pratique de fausser les monnaies ou deles changer, le pair du change était un problème dont ilfallait sans cesse chercher à nouveau la solution, et parcela même le commerce était, d’une manière irrémé-diable, difficile et aléatoire.

Le pair du change a une base parfaitement solide, lors-que les deux contrées n’ont chacune, en droit ou en fait,d’espèces monnayées qu’en un seul métal et que cemétal est le même de part et d’autre. Avant la découvertedes mines de la Californie et de l’Australie, qui ont suc-cessivement remplacé en France la monnaie d’argent parla monnaie d’or, c’était le cas entre Paris ou le Havre etHambourg : en France comme à Hambourg, les payementsne se faisaient qu’en argent, jamais en or. Entre Paris etLondres, au contraire, le véritable pair du change avaitquelque chose de mobile, parce que, en droit et en fait,les Anglais n’ont de monnaie qu’en or, et que nous, en fait,nous n’en avions alors qu’en argent. Pour établir le pair duchange, il faut en pareil cas une hypothèse, à savoir, qu’ungramme d’oc est le pair de tel nombre de grammesd’argent. Si l’on prend le rapport de 15 1/2 à 1, qu’a-dopta chez nous le législateur de l’an Xî, il s’ensuit queI e pair du souverain anglais est 25 fr. 22 c. en piècesfrançaises d’argent ; mais cette hypothèse, fondée unJ°nr, peut cesser et même cessera forcément de l’être le