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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

tion elle est à bien plus bas prix que les grains, si bien quele transport l’enchérit très-fort en proportion de l’extrac-tion, dès qu’elle va seulement à 200 kilomètres. Parla même raison, et aussi par la difficulté de leur conser-vation, les viandes fraîches et même le bétail sur piedprésentent de grandes différences de prix selon les lo-calités. Ensuite il s'en faut de beaucoup que le travail del’homme ait partout la même puissance, toutes choseségales d’ailleurs. Le travail d’un ouvrier de Paris, ou deLondres, ou de New-York, a une puissance que celui d’unhabitant de la campagne, dans les pays arriérés surtout,est bien loin d’atteindre.

Si l’on mesure la puissance des métaux à la quantité detravail qu’ils commandent, au nombre de journées delabeur que représentera un poids donné d’argent ou d’or,on retrouve des inégalités non moins prononcées. C’esttout simple : le travail est une marchandise, dont le prixse règle de la même manière que celui de toute autre.S’il y a beaucoup de capital, relativement au nombre deshommes qui demandent du travail, la main d’œuvre estchère ; s’il y a peu de capital en proportion de la popula-tion, la main d’œuvre est à vil prix.

Dans les pays barbares, une petite quantité d’or oud’argent commande beaucoup de travail et beaucoup deconsommations vulgaires. C'est, en premier lieu, parceque, dans ces contrées, le capital disponible est très-peuabondant : c’est aussi parce que l’or et l’argent y sonteux-mêmes très-rares et très-recherchés. Inaltérables,aisés à soustraire aux regards avides des chefs et de leursagents, ils sont préférés à toute autre richesse. Leurs pos-sesseurs les enfouissent; ce qu’on en a est comme s’il u'exis-tait pas.

Pour les denrées alimentaires les plus usuelles et parti-culièrement pour la viande, on a lieu de signaler l’e x '