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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION XVII, CHAPITRE I.

trême inégalité de leur prix, selon les diverses contrées etles divers états de la civilisation.

Dans les pays où la population est très-clair-semée, lebétail donne peu de peine à élever; la terre, livrée à la vainepâture, offre, presque sans aucun effort de l’homme, dequoi nourrir les troupeaux, qui sont peu nombreux. Alorsla viande, le cuir, la laine, sont à très-bas prix. De mêmele gibier. Pareillement, pour le blé, on ne se place que surles terrains les plus favorables, ceux qui réclament lemoins de travail; on ne prend pas la peine de les fumer :on change de placequand on a épuisé la fécondité delàterre vierge. Les denrées doivent alors se donner dans lepays à des prix extrêmement modiques, sauf le cas où leproducteur aurait, à proximité, de bonnes voies de trans-port qui pussent les amener à un marché où elles auraientune assez grande valeur. Citons quelques exemples :

« Irkutsk, la dernière ville importante que l’on trouve« en Sibérie, au nord des frontières de la Chine, compte« neuf cents maisons, dont cinquante en briques, le« reste en bois. C'est probablement, en ce qui tient aux« denrées de première nécessité, la place la plus écono-« mique du monde civilisé ; parce que, bien qu’elle soit« située dans une région barbare, elle renferme une po-« pulation au sein de laquelle on remarque plus d’un« aspect et plus d’un usage européens. Elle possède une«banque, des factoreries, une école de médecine, un« gymnase et un champ de parade. Le marché, construit« en bois, renferme d’énormes provisions de vivres. Là,« pour un demi-penny (5 centimes), on a une livre de«bœuf; pour un penny (10 centimes), huit livres de« farine; pour 10 centimes, une perdrix ou un coq de« bruyère (1). »

(1 ) Revue Britannique, numéro d'août 1848, artic'e la Sibérie, 36, p. 8.