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LA MONNAIE. SECTION XVII, CHAPITRE 1.
voyageurs, que l’extrême bas prix de la viande abattueou sur pied, dans les pays où la population est très-peuabondante par rapportàla superficie, et où d’ailleurs man-quent les moyens d’exporter le bétail ou la viande sur unmarché où on les paye mieux.Tout le monde sait combien laviande est à bon marché en Russie ; combien peu il coûte,à Saint-Pétersbourg, de faire un approvisionnement, pourl’hiver entier,de viande abattue d’avance et gelée,parceque,moyennant le transport en traîneau, qui est fort économi-que, et à la faveur d’un froid intense qui garantit parfai-tement les substances animales de la putréfaction, il y aune immense superficie qui concourt à alimenter à bas prixcette grande capitale. Si la zone où le froid est assez vif etassez permanent pour tenir la viande gelée pendant un longespace de temps, s’étendait hors de la Russie et allait jus-qu’à Vienne, Dresde et Rerlin, il est évident que, surtoutau jourd’hui qu’on a la ressource des chemins de fer, laviande abattue d’avance et congelée pourrait s’exporter del’empire de Russie et le prix s’en élèverait pour le consom-mateur russe. Dans les États de l’Ouest de l’Union Amé-ricaine, et dans le Canada,le prix de la viande se soutient,parce que les salaisons de bœuf et de porc, qui sontd’une conservation facile, sont devenues, entre le nouveaucontinent et l’ancien, l’objet d’un commerceimportant (1).La ville de Cincinnati, située au cœur de la vallée del’Ohio, est le centre d’une grande industrie qui abatplusieurs centaines de milliers de porcs, pour les saleret les distribuer ensuite, à l’état de jambons ou desalaisons plus communes ou de saindoux, dans tous lespays de l’univers (2). Cincinnati n’est cependant pas à
(1) Les journaux ont même parlé de navires chargés de bétail sur pied,auraient fait la traversée d’Amérique en Angleterre. Mais ce n’a pu
être qu’un essai, et on peut douter qu'il ait été encourageant.
(2) Dès 1848,1e nombre des porcs tués et salés dans les établissements