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LA. MONNAIE. SECTION XVII, CHAPITRE I.
sidérer comme inépuisables les approvisionnements dematières premières, et où les producteurs avantageuse-ment situés peuvent augmenter indéfiniment leur fa-brication, et se multiplier à côté les uns des autres, demanière à contraindre à se fermer les usines qui produi-sent chèrement, et puis à se faire concurrence entre eux,si bien que c’est le prix coûtant des établissements le plusavantageusement placés qui tend à déterminer le cours dumarché. Quand il s’agit de denrées comme la viande et leblé, à l’égard desquelles les bonnes positions, c’est-à-direles bonnes terres, les terres d’un grand rendement oud une culture relativement facile, sont naturellement bor-nées, les choses se montrent sous un autre aspect. Ce sontles denrées le plus chèrement produites qui font le cours ;car si le cours n allait pas jusque-là et n’y restait pas,cette partie des denrées cesserait d’être produite, et parhypothèse elle est indispensable, puisqu’on n’a pas lemoyen de la remplacer. Il semble donc que, à mesure quele flot de la population monte, la limite au mouvementascendant du prix de ces denrées devrait s’élever aussi.
Heureusement il y a une force qui, chez les nationséclairées, économes, bonnes gardiennes de leurs capi-taux, pousse en sens contraire. C’est le perfectionnementdes arts agricoles. L’agriculture n’est point une industriestationnaire, ainsi qu’on a pu le croire pendant une longuesuite de siècles, ainsi qu’on pourrait se le persuader en-core, en parcourant tels de nos départements où on la-boure avec des outils imités de ceux que Virgile avait sousles yeux. L agriculture, de nos jours, s’inspire de cete sprit de perfectionnement qui distingue les manufac-tures. Par 1 assistance du capital, elle acquiert visi-blement cette puissance progressive de production, quiest le caractère de l’industrie manufacturière. L’hommeparvient ainsi à multiplier la fécondité du sol dans de