Buch 
La monnaie / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
713
JPEG-Download
 

LA MONNAIE. SECTION XVII, CHAPITRE I. 713

quelques années, des observations du même genre sontdevenues des lieux communs en Angleterre. Vivementstimulée par la réforme douanière de 1846, l’agricultures ’y est perfectionnée, jusqu’à produire 50 hectolitres deblé par hectare. Le prix du blé a baissé, et jamais lesagriculteurs n’ont fait autant de profits. Il est vrai que1 agriculture s’est modifiée en ce sens qu’on s’est livrédavantage à la production du bétail. Mais peu importe;ce n’est pas moins du progrès agricole, manifesté par l’ac-croissement du revenu net.

Les écrits de M. L. de Lavergne sur l’agriculture etparticulièrement son Économie rurale de VAngleterre ,abondent en renseignements qui montrent cette influencedu capital. Au moment où s’impriment ces lignes (mars1866) le Moniteur publie une conférence, faite à la Sor-bonne par M. George Ville, où l’opinion exprimée ici estmotivée de la manière la plus heureuse.

Mais si, par la prodigalité des individus, ou par l’effetdes bouleversements révolutionnaires, ou par toute autrecause, l’accroissement du capital restait en arrière de ce-lui de la population, il n’en pourrait être ainsi. Sanscapital, en effet, les améliorations resteraient impos-sibles. C’est un des nombreux côtés par lesquels on voitavec évidence combien il est de l’intérêt populaireque la formation et la conservation du capital soientfavorisées.

Selon l’observation d’Adam Smith, dans nos pays d’Eu-rope, tant qu’il n’y avait pas de grandes agglomérationsde population, la viande de porc devait être à bas prix,parce que le porc se Pourrit de toutes sortes de débris dont°n ne saurait que faire. Une famille élève un de ces ani-maux à peu près sans frais; seulement c’est bien plusfacile à des cultivateurs qu’à des citadins. La demandede cette nourriture par les habitants des villes a dû pro-