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La monnaie / par Michel Chevalier
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719
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LA MONNAIE. SECTION XVJI, CHAPITRE II. 719ture et employés avec intelligence, les capitaux accrois-sent la puissance productive du travail agricole, commede tout autre, et par cela même suscitent une causede baisse pour les prix. Si l’Angleterre était encore plusriche, je veux dire si elle avait, pour une même popula-tion, encore plus de capital, une partie de ce surcroît decapital servirait à améliorer encore plus les terres, à per-fectionner davantage la culture, et par suite tendrait àfaire plus fortement baisser le cours des denrées.

1* On pourra remarquer qu’ici je confonds deux chosesqui sont pourtant distinctes, la richesse et le capital. C’estque, en fait, il est exact de supposer que, dans la Grande-Bretagne, l’accroissement du capital soit à peu près pro-portionnel à celui de la richesse. Assurément, si l’aug-mentation de richesse, accusée chaque année par lesinventaires des agriculteurs, des manufacturiers, descommerçants et des autres sujets de Sa Majesté britan-nique, était en totalité employée à acheter des diamants,delà vaisselle plate, des chevaux deluxe, des statues anti-ques ou des tableaux de maître, le capital resterait sta-tionnaire, pendant que la richesse grossirait, et l’aug-mentation de la richesse n’aurait pas l’effet qui vient d’êtreindiqué, une tendance à la baisse des denrées. Mais cen’est point ainsi que se passent les choses chez nos voi-sins : ils font du capital, beaucoup de capital (1).

Ce serait grandement s’abuser que de croire qu’enAngleterre tout soit plus cher. Si certains objets fort né-cessaires, j’en conviens, y sont à des prix plus élevésqu ailleurs, si certains services y réclament une rétribu-tion bien plus forte q u ’en France, par exemple, d’autresobjets, que tout homme civilisé, ne fût-il qu'un simpleouvrier, apprécie beaucoup, et peut, sans s’en faire ac-

(1) Pour la différence entre le capital et la richesse, voir section xiv,chap. h, et section xv, chap. i.