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La monnaie / par Michel Chevalier
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720 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,

croire, aspirer à se procurer, y sont à plus bas prix : ons’y habille à meilleur marché ; on s’y chauffe mieux pour lamême somme d’argent. Le pauvre y a mille articles diversà sa portée : et puis, comme au reste l’a fait remarquerM. Thiers lui-même, les salaires de la classe la plus nom-breuse y sont meilleurs.

Probablement l’Angleterre est désormais, de toutel’Europe occidentale, le pays où, par rapport au niveauhabituel des salaires, les objets nécessaires à l’hommecivilisé sont, dans l’ensemble, au plus bas prix; c’est l’es-sentiel pour l’ouvrier et pour l’artisan. Mais, même abso-lument parlant, je veux dire par rapport aux métaux pré-cieux, un grand nombre de ces articles y sont à meilleurmarché que partout ailleurs. A plus forte raison un par-ticulier aisé, qui n’aura pas l’idée de rivaliser de luxe avecl’opulente aristocratie britannique ou avec les riches com-merçants de la Cité, ou avec les puissants manufacturiersde vingt comtés divers, aura plus de ce bien-être relevéque les Anglais nomment le comfort, avec un même re-venu que je suppose de 25 ou 30,000 fr., à Londres qu’àParis.

La preuve qu’une grande quantité d’articles, mêm eusuels, sont ou étaient, lorsque fut prononcé le discoursque nous examinons, à meilleur marché en Angleterrequ’ailleurs, et nommément qu’en France, c’est que, da» sla plupart des États Européens, et en France spécialement»on frappait alors les produits manufacturés de l’Augl 0 'terre de droits énormes et même de la prohibition absO"lue, en se fondant sur le bon marché dé ces articles cb eZles Anglais (1).

Les États-Unis sont une nation fort riche ; payent-^ s

(I) M. de Molinari a réfuté l’opinion de M. Thiers sur la cherlé, dmanière très-distinguée, dans le Journal des économistes de 1848, P a ë edu tome XXI, 15 août 1848.