Buch 
La monnaie / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
721
JPEG-Download
 

721

LA MONNAIE. SECTION XVII, CHAPITRE II.

pour cela leurs aliments plus cher? Nullement ; c’est unpays qui, jusqu’à ces derniers temps du moins, se recom-mandait par le bon marché de la vie, en dehors des grandesailles du littoral et de leur banlieue. Donc une plus granderichesse nationale n’engendre pas nécessairement la chertédes subsistances.

Pour mieux éclaircir la question, revenons aux notionsfondamentales. Quel est le pays le plus riche? C’est, onJ’a vu (1), celui où, pour une même quantité de popula-tion, la somme des produits, qui est régulièrement miseà la disposition des individus, ou, pour parler plus exac-tement, la somme des services que les hommes se ren-dent régulièrement les uns aux autres est la plus grande,les besoins étant supposés les mêmes. Il suit de là quedire qu’un pays s’enrichit, c’est dire que le niveau dubien-être commun s’y élève, que la moyenne des satis-factions accordées aux individus y grossit.

En se restreignant à la portion de la richesse qui estdu capital, on peut encore dire que le pays le plus richeest celui où, pour une même population, le capital est leplus fort.

L’effet du capital, sur les salaires, est de les augmenter ;sur la production en général, d’accroître tellement laforce productive de l’homme, que le prix des produitsbaisse malgré la hausse des salaires (2). Ainsi, lorsque lecapital s’accroît, l’ouvrier a une plus forte rémunérationen or ou en argent, et la même quantité d’or ou d’argentprocu re une plus grande quantité d’une multitude d’autresarticles.

A cette dernière règle il y a des exceptions ; plu-sieurs, et non les moindres, des denrées agricoles qui

H) Page 601.

(S} C’est ce qui a été expliqué en détail dans le Cours de 1841,deuxième leçon.

III.

46