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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION XVII, CHAPITRE II.

ment cle la même époque, ont acquis des prix fort élevés.De même les diamants, dont la production est limitée.

Nous mentionnerons une opinion qui n’est pas iden-tique avec celle de M. Thiers, quoiqu’elle s’en rapproche.Elle est partagée par beaucoup de personnes et elle a étésoutenue, entre autres, par M. Duchatelier, du Finistère,dans un travail (1) duquel il résulterait que, depuis lemoyen âge, si la condition de l’ouvrier s’est améliorée,quant à la facilité de se pourvoir des objets manufacturés,qui ont grandement baissé de prix, elle a empiré pource qui concerne les aliments, et ceux-ci occupant la plusgrande place dans le budget de l’ouvrier, le pauvre et lefaible auraient perdu plus que gagné au changement.

Ce n’est pas ici le lieu de comparer méthodiquementla civilisation du moyen âge, prise dans sop ensemble, àla nôtre. Dans ce parallèle, notre époque h’aurait pas ledessous; il serait démontré que ces siècles, vers lesquelsla fantaisie de quelques personnes se porte comme versun idéal , n’ont été pour le grand nombre qu’uneépoque d’asservissement. Il y aurait beaucoup à diremême sur le bon marché des subsistances dans le moyenâge; c’était entrecoupé de périodes de cherté, auprèsdesquelles nos années de disette, comme 1816 et 1847,seraient douces.

Mais ce n’est pas le moyen âge qu’il faut mettre en re-gard des temps modernes, pour apprécier justement celui-ci. Il faut choisir un terme de comparaison plus rappro-ché , le moment où a commencé le régime actuel,c’est-à-dire 1789, ou plus exactement 1800 (2), car ce fut

(1) Cet écrit est intitulé Essai sur les salaires et les prix de consomma-tion de 1202 à 1830.

(2) Dans le même discours où se trouve, au sujet de l’influence de larichesse des nations sur les prix des choses, l’opinion que nous venonsde discuter, M. Thiers a fait un exposé du progrès des salaires, depuis« Révolution française, qu’on n’a pas contredit.