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La monnaie / par Michel Chevalier
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IA MONNAIE. SECTION XIX.

à Paris, j’ai entendu des personnes, que j’ai lieu de croirebien informées, affirmer que, dans les ateliers où les ou-vriers ont des matières de cuivre ou de laiton sous lamain, il leur arrivait quelquefois, avant l’émission despièces à l’effigie de Napoléon III, de fabriquer des sous.La grossièreté de l’exécution des sous en métal de cloche,et même des pièces de 5 centimes ou d’un décime àtêtede Liberté, en rendait aisée la contrefaçon. En Russie,la contrefaçon a eu, à une certaine époque, l’appât d’unbénéfice énorme : on faisait plus que sextupler son capi-tal. C’était vers la fin du règne de Pierre le Grand et pen-dant les deux règnes suivants. L’étranger surtout se li-vrait à cette opération. Storch reproduit une évaluation ducomte Munnich, d’après laquelle il serait venu alors del’extérieur pour plus de 6 millions de roubles (24 millionsde fr.) d’espèces en cuivre. A ce compte, les peuples voi-sins, en livrant à la Russie une quantité de cuivre mon-nayé, qui valait réellement moins d’un million de rou-bles, en tiraient des produits pour plus du sextuple;c’était ruineux pour la Russie.

Envers la contrefaçon l’on a la ressource d’un mon-nayage très-soigné. Les pièces de cuivre de l’Angleterresont d’une belle exécution. Le nouveau billon français enbronze possède à un degré encore supérieur ce genre d’a-vantage. Cependant ces garanties ne sont pas absolumentsuffisantes. Le nombre des bons graveurs est grand; lesateliers où l’on a des machines propres à s’adapter aumonnayage sont devenus nombreux en Europe. S’il y avaitun très-grand profit à attendre de la contrefaçon du bil-lon, il pourrait bien, dans certaines circonstances, s’enfabriquer à l’étranger.

Mais dans les temps ordinaires, en recommandant auxreceveurs des deniers publics de donner l’exemple de lasévérité envers le billon de contrebande, et en multipliant