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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

suffisamment les moindres pièces de monnaie propre-ment dite ou celles de billon d’argent, de manière à res-serrer entre les plus étroites limites l’usage du billon decuivre ou de bronze, il y a lieu de croire que la contre-façon serait rendue extrêmement difficile.

Il a été fait depuis vingt ans un certain nombre d’essais,pour innover en matière de billon fait de métaux infé-rieurs. C’est ainsi que la Belgique fabrique du billon ennickel. Il en est de même de la Suisse. Ces pièces sontplus légères de poids et par conséquent plus commodes àporter que le billon en cuivre ou en bronze ; mais à côtéde cet avantage se présente l'inconvénient d’avoir lamême couleur que l’argent, ce qui, dans certains cas,peut occasionner des confusions ou des tromperies.

On avait pensé aussi, dans des temps déjà éloignés denous, à faire du billon qui, sous un petit volume, eût unevaleur intrinsèque égale à la valeur nominale ou à peuprès. Pour cela il suffit de mêler au cuivre une petitequantité d’argent. En France, sous l’ancien régime, lespièces vulgairement appelées six blancs , plus tard les sixliards, et sous l’Empire les décimes à l’N, étaient"desbillons de ce genre. Mais la contrefaçon s’y est attachée.On réussit à imiter passablement, en unissant au cuivredes métaux de peu de valeur, la couleur particulière à cesbas alliages, et le public accepte les fausses pièces surleur couleur, jusqu’à ce que, désabusé à l’extrême, ilrefuse également les bonnes et les mauvaises. C’est le sortqu’avaient eu, dans plusieurs départements, les pièces àl’N. On a donc fini par renoncer à ce système.

De tous les billons qui ont cours dans le monde, leplus répandu, celui qui sert dans le plus grand nombrede transactions, est celui des Chinois. Ce billon, nommétsien par les indigènes et par les étrangers cash, du motanglais qui signifie monnaie courante, ou encore sapègue,