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Produisit net, de tous escomptes , quarante millions ar-gent comptant , qui rentrèrent avec une incroyable rapi-dité. Le Roi avait quitté Paris avec une telle précipita-tion , qu’il n’avait pu emporter ni 1 argenterie de la eou-l'onne , évaluée six initions, ni les caisses du Léser qui.étaient répandues dans toute la France ; ii s’y trouvaitcinquante millions. Une partie de celte somme ctaiL em-ployée par le baron Louis , sou ministre des finances , àl’agiotage des bons royaux. Ce système qui était si vicieux,fut abandonné par le duc de Gable , qui put disposer dufonds qui y était affecté. Les contributions ne furent pointaugmentées , mais le peuple s’empressait d’en accélérerle paiement. Les dons gratuits étaient nombreux; il estdes départernens où ils dépassèrent un million. A toutesles parades, des citoyens inconnus s’approchaient de 1 em-pereur , et lui remettaient des paquets de billets de ban-que ; plusieurs fois, à sa rentrée dans les appartemens , ilremit au ministre du trésor quatre-vingt ou cent millefrancs qu’il avait reçus ainsi. Ci la ne pouvait produire cessommes bien considérables ; mais nous les citons commeun témoignage de l’élan national.
Ainsi, au i. er octobre, la France aurait un état mi-litaire de huit à neuf cent mille hommes complètementorganisés , armés et habillés. Le problème de son indépen-dance consistait désormais à pouvoir éloigner les hosti-lités jusqu’au i. er octobre. Les mois de mai, juin, juillet,août et septembre étaient nécessaires; mais ils suffisaient.A cette époque, les frontières de l'empire eussent été desfrontières d’airain , qu’aucune puissance humaine n’eûtpu franchir impunément. ( Voyez le tableau B. )