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Mémoires pour servir à l'histoire de France en dix-huit cent quinze : avec le plan de la bataille de Mont-Saint-Jean / [Napoléon I.]
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Produisit net, de tous escomptes , quarante millions ar-gent comptant , qui rentrèrent avec une incroyable rapi-dité. Le Roi avait quitté Paris avec une telle précipita-tion , quil navait pu emporter ni 1 argenterie de la eou-l'onne , évaluée six initions, ni les caisses du Léser qui.étaient répandues dans toute la France ; ii sy trouvaitcinquante millions. Une partie de celte somme ctaiL em-ployée par le baron Louis , sou ministre des finances , àlagiotage des bons royaux. Ce système qui était si vicieux,fut abandonné par le duc de Gable , qui put disposer dufonds qui y était affecté. Les contributions ne furent pointaugmentées , mais le peuple sempressait den accélérerle paiement. Les dons gratuits étaient nombreux; il estdes départernens ils dépassèrent un million. A toutesles parades, des citoyens inconnus sapprochaient de 1 em-pereur , et lui remettaient des paquets de billets de ban-que ; plusieurs fois, à sa rentrée dans les appartemens , ilremit au ministre du trésor quatre-vingt ou cent millefrancs quil avait reçus ainsi. Ci la ne pouvait produire cessommes bien considérables ; mais nous les citons commeun témoignage de lélan national.

Ainsi, au i. er octobre, la France aurait un état mi-litaire de huit à neuf cent mille hommes complètementorganisés , armés et habillés. Le problème de son indépen-dance consistait désormais à pouvoir éloigner les hosti-lités jusquau i. er octobre. Les mois de mai, juin, juillet,août et septembre étaient nécessaires; mais ils suffisaient.A cette époque, les frontières de l'empire eussent été desfrontières dairain , quaucune puissance humaine neûtpu franchir impunément. ( Voyez le tableau B. )