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se distingua par sa pitié. Ce devoir sacré rempli, Napo-léon se porta au galop pour ai’river aux Quatre-Bras enmeme temps que la cavalerie du comte de Lobau. Il lajoignit au village de Marchais ; mais arrivé à la vue dela ferme des Quatre-Bras, il s’aperçut qu’elle était encoreoccupée par un corps de cavalerie anglaise. Un momentaprès, une reconnaissance de cent hussards français revint ,vivement poussée par un régiment de cavalerie anglaise.La cavalerie française prit position ; les cuirassiers de Mil-haud sur la droite, la cavalerie légère sur la gauche ; l’in-fanterie se plaça en deuxième ligne et les batteries semirent en position. Un parti de cinq cents chevaux futenvoyé pour communiquer avec Frasnes , et avoir desnouvelles de la gauche. Comment était-elle encore dansson camp, elle qui devait être en marche depuis six heu-res du matin? Arrivés à la lisière du bo s, les hussardscommencèrent à tirailler, mais ils ne tardèrent pas à sereconnaître avec les lanciers rouges de la garde qu’ilsavaient pris pour des Anglais. Des officiers furent envoyésà Ney pour le presser de déboucher sur les Quatre-Bras;et immédiatement après, le comte de Lobau se reformaet marcha en avant. Une vivandière anglaise, qu'on amenaprisonnière, donna des nouvelles des mouvemeus de sonarmée. Le duc de Wellington n’avait appris que fort avantdans la nuit le désastre de Ligny; il avait sur-le-champordonné de battre en retraite dans la direction de Bruxelles,laissant le général Uxbridge avec un corps de cavalerie etdes batteries d’artillerie légère pour l’arrière-garde. Legénéral Uxbridge se retira aussitôt qu’il aperçut le corps