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Mémoires pour servir à l'histoire de France en dix-huit cent quinze : avec le plan de la bataille de Mont-Saint-Jean / [Napoléon I.]
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dans l'apres midi du 17 , ce qui eût couronné la campa-'pagne ! Actuellement il était probable que le duc de Web*lington et le maréchal Bliicher profitaient de cette mêmenuit pour traverser la forêt de Soignes , et se réunir de-vant Bruxelles ; après cette réunion qui serait opéréeavant neuf heures du matin , la posiiion de larmée fran-çaise deviendrait bien délicate ! !! les deux armées enne-mies se renforceraient de tout ce qu elles avaient sur leursderrières. Six mille Anglais étaient débarqués à O leudedepuis peu de jours ; cétaient des troupes de retour delAmérique. 11 serait impossible que larmée française sehasardât de traverser la forêt de Soignes pour combattreau débouché des forces plus que doubles, formées et enposition; et cependant sous peu de semaines, larmée russe,autrichienne , bavaroise, etc., allaient passer le Rhin , seporter sur la Marne. Le 5. e corps , en observation enAlsace , nétait que de vingt mille hommes.

A une heure du matin, fort préoccupé de ces grandespensées , il sortit à pied , accompagné seulement de songrand maréchal ; son dessein était de suivre larmée an-glaise dans sa retraite, et de tâcher de lentamer, malgrélobscurité de la nuit, aussitôt quelle serait en marche.Il parcourut la ligne des grandes gardes. La forêt deSoignes apparaissait comme un incendie ; lhorizon entrecette forêt, Braine-la-Leud , les fermes de L Belle-Al-liance et de La Haye , était resplendissant du feu desbivouacs, le plus profond silence régnai:. Larmée anglo-hollandaise était ensevelie dans un profond sommeil, suitedes fatigues quelle avait essuyées les jours précédons.

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