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Arrives près des bois du château d lïougomon! , iltondit le bruit d’une colonne en marche; il était douxheures et demie. Or, à celte heure, l’arrière-garde devaitcommencer à quitter sa position si l’ennemi était eu re-traite ; mais cette illusion fut courte. Le bruit cessa ; lapluie tombait par torrens. Divers officiers envoyés en re-connaissance et des affidés, de retour à trois heures etdemie , confirmèrent que les Anglo-Hollandais ne faisaientaucun mouvement. A quatre heures les coureurs lui ame-nèrent un paysan qui avait servi de guide à une brigadede cavalerie anglaise qui avait été prendre position surl’extrême gauche au village d'Ohain. Deux déserteursbelges , qui venaient de quitter leur régiment, lui rappor-tèrent que leur armée se préparait à la bataille ; qu’aucunmouvement rétrograde n’avait eu lieu ; que la Belgiquefaisait des vœux pour le succès de l’empereur ; que U sAnglais et les Prussiens y étaient également haïs.
Le général ennemi ne pouvait rien faire de plus con-traire aux intérêts de son parti et de sa nation , à l’espritgénéral de celte campagne, et même aux règles les plussimples de la guerre , que de rester dans la position qu’iloccupait; il avait derrière lui les dédiés de la forêt de Soi-gnes ; s’il était battu, toute retraite lui était impossible.Les troupes françaises étaient bivouaquées au milieu dela boue ; les officiers tenaient pour impossible de donnerbataille dans ce jour ; l’artillerie et la cavalerie ne pour-raient manœuvrer dans les terres , tant elles étaient dé-trempées ; ils estimaient qu’il faudrait douze heures debeau temps pour les étancher. Le jour commençait à