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que la cavalerie se maintenait toujours sur le plateauqu’elle avait conquis, la victoire était gagnée ; soixante-neuf mille Français avaient battu cent vingt mille hommes.La joie était sur toutes les liguées, et l’espoir dans tousles cœurs. Ce sentiment succédait à l’étonnement qu’onavait éprouvé pendant la durée de celte attaque de liane,faite par une armée toute entière, et qui pendant uneheure avait menacé la retraite même de l’armée. Dansce moment on entendit distinctement la canonnade dumaréchal Grouchy; elle avait dépassé Wavres dans lepoint le plus éloigné et dans le point le plus près, elleétait derrière Saint-Lambert.
VIII. Le maréchal Grouchy n’était parti qu’à dixheures du matin de son camp de Gembloux, se trouvantentre midi et une heure à mi-chemin de Wavres. Il en-tendit l’épouvantable canonnade de Waterloo. Aucunhomme exercé ne pouvait s’y tromper ; c’était plusieurscentaines de bouches à leu , et dès lors deux armées quis’envoyaient réciproquement la mort. Le général Excel-maus qui commandait la cavalerie en fut vivement ému ;il se rendit près du maréchal, et lui dit : « L'empereur» est aux mains avec l'armée anglaise ; cela n’est pasj> douteux, un feu aussi terrible ne peut pas être une» rencontre. Monsieur le maréchal, il faut marcher sur» le feu. Je suis un vieux soldat de l’armée d'Italie ; j’ai» cent fo's entendu le général Bonaparte prêcher ce prin-cipe. Si nous prenons a gauche nous serons dans deux5) heures sur le champ <L‘ bata lie. — Je crois, lui dit leS) maréchal, que vous avez raison ; mais si Bliicher dé-