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Mémoires pour servir à l'histoire de France en dix-huit cent quinze : avec le plan de la bataille de Mont-Saint-Jean / [Napoléon I.]
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ordres du général Guyot, qui était en deuxième lignederrière les cuirassiers Kellerrnann, suivait au grand trotet se portait sur le plateau ; lempereur sen aperçut, ilenvoya le comte Bertrand pour la rappeler ; cétait saréserve : quand ce général arriva, elle était déjà engagéeet tout mouvement rétrograde eut été dangereux. Dèscinq heures du soir, lempereur se trouva ainsi privé desa réserve de cavalerie, de cette réserve qui, bien em-ployée , lui avait donné tant de fois la victoire. Cependantces douze mille hommes de cavalerie délite firent desmiracles; ils culbutèrent toute la cavalerie plus nombreusede lennemi qui voulut sopposer à eux , enfoncèrent plu-sieurs carrés dinfanterie , désorganisèrent, semparèrentde soixante bouches à feu , et prirent au milieu des carréssix drapeaux que trois chasseurs de la garde et trois cui-rassiers présentèrent à lempereur devant la Belle-Alliance.Lennemi, pour la seconde fois de la journée, crut labataille perdue, et voyait avec effroi combien le mauvaischamp de bataille quil avait choisi, allait apporter dedifficultés à sa retraite. La brigade Ponsonby, chargéepar les lanciers rouges de la garde, commandés par legénéral Colbert, fut enfoncée ; son général fut percé desept coups de lance et tomba mort. Le prince dOrange,sur le point dètre pris , fut blessé grièvement ; maisnétant pas soutenue par une forte masse dinfanterie quiétait encore retenue par lattaque du général Bulow ,celte brave cavalerie dut se borner à conserver le champde bataille quelle avait conquis. Enfin, à sept heures ,lorsque lattaque du général Bulow eut été repoussée et