Buch 
Mémoires pour servir à l'histoire de France en dix-huit cent quinze : avec le plan de la bataille de Mont-Saint-Jean / [Napoléon I.]
Entstehung
Seite
30
JPEG-Download
 

C 5° )

sonnes, dans leurs propriétés, dans leurs afTections , dans tous lesdroits stipulés en leur laveur , comme princes , dans ceux mêmes assu-rés par les lois aux simples citoyens , que devait faire Napoléon !

5o. Devait-il, après avoir enduré tant d'offenses , supporté tantdinjustices, consentir à la violation complète des engngemens pris aveclui, et se résignant personnellement au sort quon lui préparait, aban-donner encore son épouse , son fils , sa famille, ses serviteurs fidèlesà leur affreuse destinée !

31. Une telle résolution semble au-dessus des forces humaines, etpourtant Napoléon aurait pu la prendre , si la paix , le bonheur dela France eussent été le prix de ce nouveau sacrifice. II se seraitencore dévoué pour le peuple français, duquel, ainsi quil veut Jedéclarer à lEurope , il se fait gloire de tout tenir, auquel il veut toutrapporter, à qui seul il veut répondre de ses actions et dévouer savie.

32. Cest pour la France seule , et pour lui éviter les malheursdune guerre intestine, quil abdiqua la couronne en 1814 . Il renditau peuple français les droits qu'il tenait de lui, il le laissa libre dese choisir un nouveau monarque, et de fonder sa liberté et sou bonheursur des institutions protectrices de lun et de lautre.

55. Il espérait, pour la nation, la conservation de tout ce quelleavait acquis par vingt-cinq années de combats et de gloire, lexercicede sa souveraineté dans le choix dune dynastie et dans la stipulationdes conditions auxquelles elle serait appelée à régner.

54 - Il attendait du nouveau gouvernement, le respect pour la gloiredésarmées , les droits des braves, la garantie de tous les intérêts nou-veaux ; de ces intérêts ncs et maintenus depuis un quart de siècle jrésultant de toutes les lois politiques et civiles, observées , révéréesdepuis ce temps , parce quelles sont idcntifie'es avec les mœurs , leshabitudes, les besoins de la nation.

55. Loin de , toute idée de la souveraineté du peuple a été écar-tée.

58. Le principe sur lequel a reposé toute la législation politique etcivile depuis la révolution, a été écarté également.