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Ÿi(n. La troupe de ligne mime ( alors elle n’e'tait pas égarée 'j prête denouveau le serment de fidélité, et semble partager l’esprit qui animeBordeaux pour la cause du Roi. Cependant l’orage grossissait déplusen plus au Nord, et s’e'tendait avec une rapidité' incroyable de villeen ville. On apprend enfin que le drapeau tricolore flotte à Angoulêmc,et que le ge'ne'rai Clausel se disposait à venir prendre possession deBordeaux. Cette alarmante nouvelle , loin d’abattre le courage des Bor-delais , ne fait que le ranimer davantage. Ou est prit à tout.... On ne
craint rien. La présence de Madame e'iectrise tous les cœurs... Sous
ses yeux on brave tous les dangers. Ou est sûr d’être victorieux si
S. A. R. reste dans la ville: on la supplie de ne pas l’abandonnerjon a besoin de la voir. Partout ou la désire. Elle paraît ce jour-là ,comme de coutume , vers deux heures , pour aller à la promenade encalèche de'eouverte, et sa contenance calme et ferme inspire une con-fiante sécurité. On se presse en foule sur sou passage, comme on e'taitaccoutume' de faire chaque jour à cette même heure, lorsqu’elle sortaitdu palais pour aller se promener aux environs de Bordeaux ; les ou-vriers, les marchands quittaient leurs travaux comme si c'eut e'tc' lapremière fois qu’ils l'eussent vue. Avec la même précipitation, ce jour-.là, ils accourent pour la voir encore, pour la he'uir davantage, etformer mille vœux pour sa conservation. Dans tous les villages qu’ellotraverse, même empressement s des troupes de jeunes filles viennentlui offrir des bouquets , et au retour de sa promenade , elle trouve,comme à l’ordinaire, les chemins jonchc's de fleurs. Plus les pe'rils aug-mentaient , et plus on redoublait d’attachement pour elle.
Sensible à tant de témoignages d'ainour , Madame était bien de’tcr-jnine'e à ne pas quitter Bordeaux, et à mettre tout en œuvre pour con-server au Roi, jusqu’à la dernière extrémité, cette ville fidèle. On re-doubla de zèle et d’activité pour organiser différons corps de troupeschoisies dans l’élite de la garde nationale j on les équipe à la hâte ;et sur la nouvelle que le général Clauscl avançait de plus en plus , onfit partir aussitôt un de ces corps pour défendre le passage de la Dor-,flogue à Saint-André de Cubzac. yne affaire s’engage, et je n'oublie-