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rai jamais le cri de joie qui se fit entendre dans Je palais, en répétantces mots.... enfin , on se bail Notre petite troupe eut l'avantage, etle gc'ne'ral Clausel eut quelques-uns des siens tues par noire artillerie.La nuit suspendit le combat qui devait recommencer le lendemain à lapointe du jour, lorsqu’un incident, malheureusement trop à craindredepuis long-temps , survint enfin , et fut la principale cause de la perte-de Bordeaux.
La garnison de Blayc , forteresse si importante pour la sûrete' decette ville, venait de se révolter; l’étendard tricolore y était arboré,et la Jtroupc de ligue était sortie de ce fort pour aller se joindre augénéral Clausel, ce qui lui donnait des forces bien supérieures à cellesqu’on pouvait lui opposer ; il ne trouva donc plus aucun obstacle sursa route, et le samedi, i.e r d’avril, il parut avec sa troupe sur larive droite de la Garonne, en face de Bordeaux. S’étant posté à laBastide , il n’avait plus que la rivière entre la ville et lui. C’est de làqu’il proposa une capitulation. Connue , selon lui, Madame était laseule cause des mesures hostiles, il promettait que , si la ville vou-lait promptement se soumettre , les liabitans ne seraient point inquiétés ;personne n’aurait rien à craindre pour sa sûreté. Tout le inonde devaitêtre parfaitement tranquille ; la tête seule de M. Lynch était exceptéede ces conditions pacifiques. Un cri général d’indignation retentit danstoute la ville , et d’une voix unanime on entendit répéter : « Des ar-mes ! des armes !... Combattons tous pour sauver Bordeaux.» Le tu-multe augmentait à chaque instant, Madame ne demandait pas mieux,que de tout tenter pour soutenir une si courageuse disposition.
Mais pour assurer le succès de l’entreprise contre le général Clause],le concours des troupes de ligne, en garnison dans la ville, était né-cessaire , les seules forces de la garde nationale n’c'tant pas suffisantes.Malgré le serment de fidélité que ces troupes avaient renouvelé ,comme je l’ai déjà dit plus haut, malgré un grand et magnifique repasoù, peu de jours auparavant, ces régimens et la garde nationale avaientfraternisé, le verre à la main , en buvant ensemble à la santé du Roi,ce n’ctait plus le même esprit: ils étaient totalement changés ; de per-