RAPPORT
PRÉSENTÉ A L’ACADÉMIE FRANÇAISE
I.e20 avril 1841
par m. a. jay.
I Messieurs,
| L’Académie a ordonné la distribution d’un livre intitulé :i Eludes sur les Réformateurs contemporains ; vous avez main-I tenant à délibérer sur l’admission de cet ouvrage au concours| où vous appelez annuellement les écrivains moralistes. Votre| commission l’a jugé digne de cette nouvelle marque d’estime,
| et je suis chargé de développer devant vous les motifs de sa| décision.
ï Les révolutions politiques ont pour conséquence inévitableü d’affaiblir tout ce qui maintient les sociétés dans leurs condi-t tions permanentes d’ordre et d’harmonie. C’est à la suite deces mouvements impétueux que l’esprit humain sort de larègle, où gît sa force, et s’aventure dans le domaine idéal d’unperfectionnement absolu, d’une félicité inaltérable, quel’homme poursuivra toujours dans le monde visible, et quifuira toujours devant lui. Tant que ces excursions intellec-tuelles restent à l’état de théorie, elles peuvent exercer utile-ment l’esprit philosophique qui en dégage, par degrés, ce* qu’elles portent en elles d’idées saines et praticables; mais! lorsqu’elles se traduisent, sans préparation, en faits positifs;