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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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RAPPORT DE M. JAY.

lorsquelles se manifestent brusquement par de téméraires |tentatives de réalisation, le danger devient imminent. Lesliens sociaux se relâchent, les croyances salutaires séteignent !dans le doute; le mépris de la tradition amène le mépris de jtout principe moral; le présent se détache violemment du :passé, et se précipite vers un avenir plein de menaces. Depuis idix ans, la situation périlleuse de notre ordre social se révèle jpar linquiète agitation des esprits, par le choc des systèmes et ile désordre des pensées. Au nombre des causes actives qui jpréparent les jours douloureux danarchie, il faut mettre en jpremière ligne lapostolat avoué et public de la révolte contre !les lois fondamentales de la société, je veux dire, la répression !

des mauvais instincts, la sainteté du mariage, lautorité du |

père de famille, et le droit de propriété. j

Les trois réformateurs les plus audacieux de lépoque ae-

tuellc; ceux qui, par leurs doctrines, ont le plus contribué au i

relâchement des premiers principes de morale et dordre ipublic, sont, en Angleterre, Robert Owen, le précurseur duradicalisme ; en France, Saint-Simon et Fourier, rêveursenthousiastes, dont il faut attribuer linfluence aux séductions [de la nouveauté, au désir naturel daméliorations immédiates,surtout à lannonce empirique des moyens propres à établirentre tous les membres de la cité une égale répartition dejouissances matérielles. Nous avons vu des écoles se former jpourmettre en pratique ces chimériques pensées. Des hommesdun talent élevé, dune instruction scientifique peu commune,se sont voués, avec toute la ferveur de la jeunesse, à la pré-dication des plus désolantes doctrines. Quelques énergumènes,affublés du nom de civilisateurs, érigeaient en principeslirresponsabilité morale de lhomme, la souveraineté des pas-sions, et ce quils nommaient dans leur idiome sauvage:

« la réhabilitation de la chair ; » exagérant à dessein les im-perfections inhérentes à toute société humaine, méconnaissantlesprit dune religion qui tend sans cesse à les corriger, ilsont établi la subordination de lesprit à la matière. Lun deux,