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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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IUPPOUT DE M. JA Y.

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» locaustes des traditions sociales. On est entré dans ce sanctuaire et» on la profané. La critique a toujours beau jeu quand elle sexerce» sur les infirmités humaines. Il n'était pas difficile de faire ressortir» le ridicule des unions mal assorties, et de sarmer contre le mariage» des scandales quil voit naître. On la fait en chargeant les couleurs» du tableau. On a tenu à prouver que les forces dici-bas ne sont pas» toujours en raison des devoirs, et que la nature se charge de rétablir» léquilibre entre la liberté et la contrainte. Ces scrupules sont justes,n mais la conclusion infirme leur valeur. Pour obvier à quelques liai» sons irrégulières, quel expédient proposait-on ? La promiscuité, lé-» galité complète des sexes, lémancipation de la femme. Cest-à-dire» quau dérèglement partiel, on voulait substituer un débordement» général. Lémancipation de la femme ! Mais nest-ce pas une in-» suite pour nos lois, qui ne font point dacception de sexes, et pour» nos mœurs qui sont plus généreuses encore I En France surtout, les» femmes se sont fait une place trop belle pour quelles puissent jamais» crier à loppression, et se poser en victimes ; aussi ont-elles désavoué» leurs défenseurs, et laissé mourir sans écho les appels à la révolte-» Elles régnent dans le cercle de la famille et des relations sociales;» cet empire suffit à leur tendresse et à leur orgueil.

» Puisque la satisfaction devenait la loi suprême des sociétés, il était» logique quelle ne connût aucune limite. Respecter la propriété» dautrui est une compression, une violence; il fallait abolir la pro-» priété. Respecter la femme dautrui est une privation ; il fallait abo» lirle mariage. Respecter les droits de la famille est une capitulatiot» avec les droits de tous à toute chose ; il fallait abolir l'héritage. Ainsi,a par un singulier raffinement de civilisation, on en revenait à létat» de nature. La communauté et la promiscuité ne sont pas un régime» nouveau pour le globe. 11 la connu pendant son enfance, il la subi.« Aussi, pour tempérer ses effets, avait-on songé, dune part, à orga-» niser harmoniquement les instincts; de lautre, à les contenir par» lavénement des capacités, ce qui nest autre chose quun retour vers» la compression et la discipline. Mais est la garantie de lobéis-» sance des générations à un principe nouveau quand on les aura éle-» vécs dans la haine de tous les principes ?

« Dès que la satisfaction aura été proclamée souveraine, qui assure» quelle sinclinera devant un équilibre ingénieux des passions, ou« devant une loi de hiérarchie intellectuelle ? On ne craint pas de-» chaîner sur le monde tous les fléaux, sans avoir la conscience quen lon pourra les guérir. Ce sont de tristes et douloureuses expé-» riences : notre société en porte les empreintes. La soif de jouissance» la dévore, et linanité de ces jouissances, la satiété même ne l'ar-