t'J'OMKS SOGUMÎS.
'isoler afin (le le juger d’une manière plus impartiale, cetéveil serait encore un grand bien. On s’endort si volontierssur les habitudes prises, même les plus vicieuses et les plusfatales ; on se livre si aisément au courant des routines,malgré les protestations du cœur, et les révoltes de la con-science! La négation de ce qui est, en renversant l’étatconsenti des sociétés, ramène le problème de leur organi-sation à ses termes naturels, déplace le terrain de l’examen,et brise les lignes d’une optique de convention. C’est eucela que les cris d’alarmes sont surtout utiles; ils secouentl’humanité de sa torpeur, la rendent au sentiment de samission, l’obligent, à reprendre sa marche à travers les siè-cles. On résiste, il est vrai, à ces appels subversifs, on setient en garde contre les systèmes de dénigrement absoluet de rénovations chimériques, mais on les discute, on lescombat, et de cette controverse naît le doute qui se traduitbientôt en un besoin de changement. Qu’en résulte-t-il?Une infiltration continuelle d’éléments nouveaux dans unmonde en apparence stationnaire, un mélange de téméritéet de prudence, de résistance et de mouvement qui consti-tue la vie et l’essence des sociétés.
Ne serait-ce qu’à ce titre, les ouvriers turbulents de lapensée, les poêles qui arrangent l’univers au gré de leurmuse, les penseurs qui croient avoir la conscience et l’in-spiration d’un état meilleur, les utopistes enfin, dans laplus belle acception du mot, auraient quelque droit aurespect et à l’attention des hommes. Ils comptent dansl’ensemble des existences, comme un stimulant, un aiguil-lon nécessaires. Quelques-uns sont des insensés, d’autressont de véritables révélateurs. Tous sont utiles, car au creu-set du temps, la gangue se dégage, et l’or reste. N’a-l-onpas d’ailleurs, à toutes les époques, traité de folie ce qui