SECTES SOCIALES.
CS
céder sur ce point, ils ont préféré l’expatriation : ils occu-pent quarante villages dans la Russie méridionale. LesBap-tistes, les Anabaptistes et leurs variétés, se rattachent auxsectes qui précèdent par une tendance à la communauté so-ciale. Les Lecteurs de Suède seraient plutôt des Illuminésà la manière de Swedenborg, absorbés dans la méditationdes Écritures et dans la recherche d’une exégèse mystique.Des Doukhobortses, schismatiques grecs, vont jusqu’à lapromiscuité. Les Sandemanicns, les Adamites,lesGlassites,les Millénaires et une foule d’autres se confondent par quel-ques affinités plus ou moins caractéristiques, et rappellentl’organisation conventuelle mêlée à des combinaisons so-ciales. Dans presque toutes ces sectes, les agapes, ou repasen commun, font partie de la règle et remplissent un rôle.
Un essai caractéristique dans les mêmes voies est égale-ment celui des missions de l’Uruguay et duParana. Ces Mis-sions ou Réductions , fondées parles Jésuites, semblentavoir été soumises à un régime patriarcal, mêlé de disciplinecatholique. 11 n’est pas douteux que les Indiens lui en aientdû longtemps un bonheur qui les a fuis depuis qu’on les aviolemment séparés de leurs civilisateurs religieux. La viede ces Réductions tendait à faire passer dans la pratique lafraternité, le dévouement mutuel, l’obéissance naïve despremiers âges du christianisme. La communauté y existaitplutôt dans les mœurs que dans les lois. Chacun y avait sonchamp , son troupeau; mais il existait, en dehors de cettepropriété individuelle, un domaine appartenant à tous,exploité par tous, que l’on nommait la possession de Dieu.Les produits en étaient affectés à l’entretien des infirmes,à la guérison des malades, aux frais de la guerre, aux cala-mités causées par la disette, au payement du tribut envoyéau roi d’Espagne. Quant aux hameaux, bâtis sur un plan