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ÉTUDES S U H LES RÉFORMATEURS.
siter les écoles, les hôpitaux, et de remplir sans ostentation,sans amour de vaine gloire , le rôle de consolateurs et debienfaiteurs. Quelques singularités de leur vie ont pu prê-ter au ridicule; mais la calomnie n’a eu aucune prise ni surleurs mœurs, ni sur leur conduite. La pureté, la loyauté,l’amour du travail, la sobriété, la gravité, la décence règlent,leurs actions. Ils n’attachent de prix aux choses qu’en rai-son de leur utilité, et sont trop portés à dédaigner les arts,luxe de l'existence humaine. Voilà le principal écueil de leurdoctrine. Elle exclut la poésie, elle étouffe l’imagination,elle repousse les satisfactions délicates de l’esprit et des sens.Cependant la grandeur des vues se retrouve chez eux à pro-pos des travaux industriels. Leur colonie de Coolbrookdalcen offre la preuve; les procédés les plus avancés y ont trouvéune application précoce. Des chemins de fer, un pont d’uneseule arche, jeté sur la Saverne, un plan incliné pour lesbateaux, sont autant de témoignages du génie industriel deces rcligionnaires, et sous leurs.mains celte vallée anglaiseest devenue un asile de paix, d’ordre , d’activité et de bon-heur.
Les Tunkers et les Shakers peuvent être considéréscomme des nuances des Quakers dont ils ne se séparent quepar quelques bizarreries religieuses. La communauté desbiens, facultative chez les Quakers, est ici, dans bien descas, obligatoire, et les établissements ont souvent offert lemême aspect patriarcal, la même physionomie touchante.Ephrata, New-Labanon ont eu ou ont encore ce caractère.Le célibat semble être la règle de ces communautés ou plu-tôt de ces colonies religieuses et agricoles. A New-Labanon,on lit ces mots sur la porte de la maison de correction : « Ussont hors de la grâce. » Les Memuonites partagent, avecles Quakers, l’horreur du service militaire. Plutôt que de