SAINT- SIMONIF.NS.
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■ ranl les professeurs chez lui, au lieu d’aller chez eux. Logé
■ d'abord en face de l’École Polytechnique, il reçut à sa table^des physiciens pour apprendre la physique, des astronomes(pour apprendre l’astronomie; il sema çà et là, dans tout leI corps enseignant, des pièces d’or qu’on oubliait de lui
rendre. Quand il eut acquis de la sorte assez de notionsmathématiques, il se rabattit sur les physiologistes, etdéménagea pour s’établir près l’École de Médecine. Ainsi,il étudia, non sans quelques frais, mais avec toutes sesaises, d’une part la science des corps bruts, d’autre part lascience des corps animés.
L’expérience qui suivit fut celle des voyages. Saint-Simonparcourut l’Angleterre et l’Allemagne, ne rencontrant dans; la première aucune idée capitale et neuve, surprenanti l’autre au milieu de sa philosophie mystique, état d’enfancej de la science générale. Il ne rapporta rien de cette expé-| rience, si ce n’est la preuve personnellement acquise d’unesituation arriérée et confuse. C’est à l’époque de cette tour-née européenne qu’il faut rattacher la visite étrange queSaint-Simon fit à madame de Staël, et sa proposition plusétrange encore. Do passage à Genève,le philosophe demandala faveur d’être reçu à Coppet; et à peine entré : — » Ma-» dame, dit-il à la baronne, vous êtes la femme la plus» extraordinaire du monde, comme j’en suis l’homme le» plus extraordinaire : à nous deux, nous ferions sans doute» un enfant encore plus extraordinaire. » Madame de Staël: eut l’esprit assez bien fait pour prendre la proposition eni bonne part. Elle en rit.
| De retour de ce pèlerinage, Saint-Simon se livra à une| autre expérience ; il épousa mademoiselle de Champgrand,aujourd’hui madame deBawr. « Je voulais user du mariage,; » dit-il lui-même, comme d’un moyen pour étudier les