SAINT-S1M0NIENS.
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t prophétie quand on lui demandait de la statistique. Lapensée fondamentale de ce travail était toujours de pousserles savants vers une œuvre de réorganisation. Il disait : « Dc-» puis le quinzième siècle jusqu a ce jour, l'institution qui» unissait les nations européennes, qui mettait un frein à» l’ambition des peuples et des rois, s’est successivement» affaiblie ; elle est complètement détruite aujourd’hui, et! » une guerre générale, une guerre effroyable, une guerrej <> qui s’annonce comme devant dévorer toute la populationJ » européenne, existe depuis vingt ans et a moissonné plu-| » sieurs millions d’hommes. Vous seuls pouvez réorganiser! » la société européenne. Le temps presse, le sang coule ;j, » liàtez-vous de prononcer. » Comme gage d’union et dei progrès, Saint-Simon concluait en demandant une sorte dei magistrature intellectuelle, magistrature d’où est issue,f comme dérivation logique, la hiérarchie des capacités, basef de la famille saint-simonicnne.
' Ce travail n’est pas le seul qu’ait laissé Saint-Simon surI ces matières philosophiques. Les Lettres sur l'Encyclo-pédie , les Mémoires sur la gravitation et sur la Science; de l’homme , se rapportent à celte époque et à celte série, d’études.
! Pendant que le réformateur poursuivait ainsi une lâchei pénible et méconnue, de grands événements politiques agi-i taient la France et l’Europe. La Restauration venait d’arri-i ver, et avec elle se manifestait un retour vers les noms d’uneimportance historique. Saint-Simon, pauvre alors, vivantde secours, et simple copiste au Mont-de-Piôlé, à raison demille francs par an, eût sans doute été admis aux faveursde la cour nouvelle, si la direction étrange de ses idées n’eûléloigné de lui toutes les offres et toutes les avances 1 . On ne
1 Le seul homme qui vint alors au secours de Saint-Simon d'une
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