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ÉTUDES SUlt LES RÉFORMATEURS.
fit rien, on ne pouvait rien faire pour un novateur pareil; ilresta complètement oublié. Aussi, à peu d’années de là, en1819, publia-t-il une brochure sous le titre de : Parabole ,dans laquelle les susceptibilités du grand seigneur froissése laissent apercevoir. Rien de plus hardi, de plus bizarre,et de plus vrai au fond que ce pamphlet, expression d’unerancune plutôt que d’un système.
« Nous supposons, y est-il dit, que la France perde subitementses cinquante premiers physiciens, ses cinquante premiers pein-tres, ses cinquante premiers poëtes , etc., etc., (suit la nomen-clature), en tout les trois mille premiers savants, artistes et arti-sans de France.
» Comme ces hommes sont les Français les plus essentiellementproducteurs, ceux qui donnent les produits les plus imposants,ceux qui dirigent les travaux les plus utiles à la nation, et qui larendent productive dans les beaux-arts et dans les arts et métiers,ils sont réellement la fleur de la société française; ils sont de tousles Français les plus utiles à leur pays, ceux qui lui procurentle plus de gloire, qui hâtent le plus sa civilisation et sa prospé-rité. Il faudrait à la France au moins une génération entièrepour repousser ce malheur; car les hommes qui se distinguentdans les travaux d’une utilité positive, sont de véritables ano-malies, et la nature n’est pas prodigue d’anomalies, surtout decette espèce.
» Passons à une autre supposition. Admettons que la Franceconserve tous les hommes de génie qu’elle possède dans les scien-ces, dans les beaux-arts, et dans les arts et métiers ; mais qu’elleait le malheur de perdre, le même jour, Monsieur, frère du roi,monseigneur le duc d’Angoulème, monseigneur le duc de Berry,monseigneur le duc d’Orléans, monseigneur le duc de Bourbon,
manière efficace est un nommé Biard, autrefois son employé. Cet amidévoué obligea le philosophe à quitter sa place au Mont-de-Piété ,comme indigne de lui, le recueillit dans sa maison, pourvut dès lorsà ses besoins et fit même imprimer à ses frais les premiers ouvrages■ de son hôte.