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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
près des noms industriels et scientifiques, ne passèrent pascondamnation immédiate, et 'voulurent qu’un procès crimi-nel décidât de leur importance sociale. Ce fut étrange devoir alors le comte de Saint-Simon, le petit-fds du grandseigneur de la cour de Louis XIV, venir se défendre, devantdes juges d’avoir avancé que la mort du comte d’Artois etcelle du duc d’Angoulême feraient moins de vide en Franceque celle d’un habile manufacturier. Singulier procès dontun acquittement ne fit qu’accroître le scandale !
Du reste, cette Parabole , que nous venons de citer, nefut au yeux de Saint-Simon qu’une boutade spirituelle,dont ses disciples ont toujours contesté l’à-propos et la va-leur. 11 acheva, vers ce temps, des travaux plus graves etplus complets : la Réorganisation de la société européenne ,l'Industrie , l'Organisateur , le Politique , le Système in-dustriel , le Catéchisme des industriels , les Opinions lit-téraires , philosophiques et industrielles. La publicationde ces divers ouvrages, d’un débit difficile, n’eut lieu qu’àla suite de démarches humiliantes et longues. Obscur alors,Saint-Simon se voyait presque toujours obligé d’aller quê-ter, de porte en porte, l’aumône d’un éditeur. Ces peinesne furent pas les seules. Plus d’une fois l’unique héritierd’un des plus beaux noms de France se vit réduit à l’ordi-naire du pain et de l’eau; plus d’une fois il se passa de feul’hiver pour arriver, à l’aide de privations personnelles,aux honneurs d’une coûteuse et ingrate publicité. Toutesces douleurs, le philosophe les avait prévues : il ne reculadevant aucune d’elles. Un jour pourtant, un seul jour, latristesse le vainquit, et il chercha dans le suicide un abricontre la privation *. Mais la balle n’ayant atteint aucune
1 niant étaut mort, Saint-Simon resta sans ressources. Yo'ci ce