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ÉTUDES StIK LES RÉFORMATEURS.
christianisme, celles de l’inquisition et des jésuites : (roiserreurs, trois hérésies capitales du catholicisme, destruc-tives du principe fondamental de la révélation chrétienne :
« Aimez-vous les uns les autres ; » trois obstacles dirimantsà l’amélioration du sort de la classe la plus nombreuse et laplus pauvre.
Si le pape est hérétique, Luther ne l’est pas moins. Lu-ther, aux yeux de Saint-Simon, est hérétique au premierchef, pour avoir, quand il ôtait maître de sa formule, quandil avait table rase devant lui, proclamé une morale très-in-férieure à celle qui peut convenir aux chrétiens dans l’étatactuel de leur civilisation; il l’est encore pour n’avoir pas,comme Jésus le disait, organisé l’espèce humaine dans l’in-térêt de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. Ausecond chef, Luther est hérétique pour avoir adopté unmauvais culte, pour n’avoir point appelé, au secours de saréforme, tous les arts qui charment la vie, la poésie, la mu-sique, la sculpture ; pour avoir prosaïsé les sentiments chré-tiens; pour s’être privé de l’illusion sensuelle, de l’émotionscénique, que le catholicisme avait si bien mises à contribu-tion. Enfin, Luther est hérétique au troisième chef, parcequ’il ordonne de lire et de ne lire que la Bible, lecture ex-clusive, immorale souvent, féconde en révélations sur lesturpitudes humaines, nommant de ces vices dont l’existencemême devrait être ignorée, lecture trop métaphysique d’ail-leurs, et qui n’est pas l’une des causes les moins actives dudévergondage nébuleux des philosophies allemandes. Donc,sur trois chefs, Luther est hérétique comme le pape l’a étésur d’autres chefs. L’un et l’autre ont dévié du grand axiomereligieux, du but essentiel de toute loi et de tout dogme :l’amélioration de l’existence morale et physique de la classela plus nombreuse et la plus pauvre.