SAINT-SIMONIENS.
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Pour rétablir le christianisme dans ses voies, il fallait,toujours suivant Saint-Simon, lui restituer un côté sensueldont l’absence le frappe de stérilité dans son action sociale.Le mot de Jésus-Christ : Mon royaume n'est pas de cemonde , mal compris et plus mal appliqué, avait déterminé,dans la religion romaine, une lutte éternelle et opiniâtreentre la matière et l’intelligence, le corps et l’esprit. Cellelutte allait cesser, car le culte nouveau devait se produirecomme un fait à la fois social et religieux, c’est-à-dire sen-suel et spirituel.
Voilà ce qu’est le Nouveau, Christianisme , dans lequell’auteur a mérité qu’on dît de lui ce qu’il disait de Luther :Il a bien critiqué , mais pauvrement doctrine. De cetopuscule ont découlé, pour les disciples de Saint-Simon ,d’abord les deux ou trois épigraphes de la foi nouvelle, puisl’appel aux capacités pour qu’elles eussent à concourir augrand œuvre de la rénovation religieuse et sociale ; puis en-core cet apostolat, tout de persuasion et d’amour, cettenouvelle communion de martyrs à laquelle i! n’a manquéque des bourreaux plus farouches ; enfin le principe vieux,mais oublié, de l’affection fraternelle entre les hommes, basede la nouvelle organisation sociale qui devra remplacer laforce militaire par l’union pacifique, dissoudre l’armée pourenrégimenter les travailleurs.
— Jésus-Christ a préparé la fraternité universelle, direntles successeurs du philosophe, Saint-Simon la réalise. L’É-glise vraiment universelle va paraître : le règne de Césarcesse. L’Église universelle gouverne le temporel comme lespirituel, le for extérieur comine le for intérieur. La scienceest sainte, l’industrie est sainte. Des prêtres, des savants,des industriels, voilà toute la société. Les chefs des prêtres,les chefs des savants, les chefs des industriels, voilà tout le