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ÉTUDES Süîï LES RÉFORMATEURS.
saint-simonisme avait fini en même temps que lui. Lapresse philosophique le crut ; elle sonna, avec le zèle et lagrâce d’une rivale, les funérailles de la doctrine nouvelle.Mais il en est de la parole répandue dans le monde commede ces semences que le vent promène d’une zone à l’autre,qui traversent les mers dans le bec de l’oiseau, et vont ger-mer loin de la plante qui les vit mûrir. La publicité duProducteur avait eu un rayonnement borné, mais choisi :un petit nombre de lecteurs attentifs s’était mis peu à peudans le courant d’idées de la doctrine, et avait senti à sonunisson. Des sympathies réelles étaient acquises aux prin-cipes; le désir de voir les hommes, de les connaître, d’ap-prendre de leur bouche le complément de la philosophiesaint-simonicnnc tourmentait quelques tê<es plus enthou-siastes que les autres. On s’écrivit, on s’aboucha. Des corres-pondances s’organisèrent ; des réunions eurent lieu ; descentres de propagation se formèrent sur divers points. Onprocéda même dès lors à un système d’affdiations, suivieset nombreuses. Quoique les écrivains de l’école eussent étéobligés de renoncer à la presse, comme influence pério-dique, il s’en servirent, par intervalles, pour consigner leursidées dans des brochures et dans des livres. Ces ouvragesn’étaient point un cours complet de la philosophie de Saint-Simon, mais seulement des thèmes industriels ou scienti-fiques, développés d’après la méthode et selon le critériumde la doctrine.
Bientôt aussi un enseignement oral s’ouvrit dans unesalle, rue Taranne, et M. Bazard y poursuivit, dans unelongue suite de conférences, ïExposition complète de lafoi süint-simonienne. Alors les initiations allèrent chaquejour eu augmentant. L’école se recruta surtout parmi leshommes qui se payent le moins de rêveries, parmi les