SAINT-SIMOXIENS.
élèves de l’École Polytechnique, ce foyer des sciences posi-tives. C’est à cette date qu’il faut reporter les affiliations deMM. Carnot, Michel Chevalier, Fournel, Dugied, Barrault,Charles Duveyrier, Talabot, et quelques autres qui, avecMM. Bazard, Enfantin et Bodrigucs, composèrent le noyaude penseurs qui devaient plus tard constituer ce que l’onnomma le grand collège.
L’enseignement de la rue Taranne fit faire un grand pasà la doctrine. Les matières se préparaient en commun parMM. Bazard et Enfantin; ce dernier pressant toujours l’au-tre, éveillant les questions une à une, et les livrant ensuiteà la déduction nerveuse, à la sagacité didactique de soucollègue. Après avoir parcouru et réglé dans le Producteurla série des faits industriels, les esprits impulsifs de l’écoleexpliquèrent, dans l'Exposition orale, les autres phéno-mènes de l’activité humaine et dirent la loi qui devaitféconder son avenir. Ce n’était plus alors une démonstra-tion étroite et partielle; c’était la science générale qui allaitdérouler ses magnificences.
La première partie de cette Exposition de la doctrine necontenait que fort peu d'indications organiques. La critiquey dominait le reste ; elle s’y, était fait une large part. On yplaçait le vieux monde en présence du nouveau ; l’un sur lasellette, l’autre sur un fauteuil déjugé. Dans un débat ainsiposé, on devine quel devait être le vaincu.
L'Exposition commence par déplorer la situation dou-loureuse dans laquelle se trouve placée la société euro-péenne. La lutte et l’antagonisme sont partout; la cohésionet la concorde ne sont nulle part. Tous les liens se relâchent;le regret, et la crainte, la défiance et la haine, le charlata-nisme et la ruse prévalent aussi bien dans les relations gé-nérales que dans les rapports individuels. Ce désordre, cet 1er