SAIM-SIMO.MK.NS.
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A Ménilmontant, tout s’organisa ainsi qu’il l’avait dit.Quarante nouveaux Moraves se cloîtrèrent dans ce jardin, lebouleversèrent dans tous les sens, taillèrent les arbres, bê-chèrent et sablèrent, nivelèrent, arrosèrent, émondèrent,échenillèrent, se firent indistinctement et à tour de rôlechefs d’office, cuisiniers, sommeliers, écliansons. On orga-nisa le travail par catégories ; on fit des groupes de pelle-teurs, de bi'ouetteurs , de remblayenrs , et pour que la be-sogne fût moins rude, on l’accompagna d’hymnes composéspar un membre de la communauté. Plus tard, quand lepublic eut ses petites entrées dans le jardin, on lui offrit desconcerts de cette musique locale ; puis, par une insigne etdernière faveur, on l'admit au spectacle du dîner du Père,comme à celui d’un souverain. Tout ceci se faisait d’ailleursavec les formes voulues et en costumes. L’uniforme étaitsimple et coquet : justaucorps bleu à courtes basques, cein-ture de cuir verni, casquette rouge, pantalon de coutil blanc,mouchoir noué en sautoir autour du cou, cheveux tombantsur les épaules, peignés et lissés avec soin, moustaches etbarbe à l’orientale.
Nous ne voulons pas prendre au sérieux cette phase del’existence saint-simonienne. L’inauguration du costume aubruit de la canonnade de Saint-Méry, la lutte entre la fa-mille qui appelait les visiteurs et la police qui faisait croiserdevant eux la baïonnette , tes harangues en plain air ; lessynodes au milieu du préau ; les épisodes sans nombre issusde la curiosité et de l’incrédulité populaires, tout cela for-merait. un tableau bouffon qui ne saurait entrer dans lecadre de ce livre. Il vaut mieux rechercher si, en dehors decette vie extérieure, arrangée pour la foule , Ménilmontantn’a pas eu une autre existence de travail recueilli. Cetteexistence, aucun document public ne la révélée; mais elle