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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.

changea en couches calcaires, l'atmosphère se tempéra encore ;la terre éjaculait de nouveaux métaux*de nouveaux porphyres,de nouveaux marbres qui se dressaient en montagnes, ou se ré-pandaient en masses profondes et souterraines.

» A plusieurs fois ces choses se répétèrent.

» Et à chaque fois Dieu envoyait à la terre un messager dontl’approche la faisait tressaillir. î.’astre porteur de nouvelles allaitensuite au loin réjouir les mondes de la chaleur vitale qu’il avaitempruntée à la terre au sein de leur majestueuse communion.

» A chaque fois, c’était pour la terre d’immenses joies.

» Mais à chaque fois, c’était pour elle aussi de grandes dou-leurs; car, pendant que les porphyres, les marbres, les serpenti-nes, les granits, le plomb, le cuivre, l'argent, l'antimoine, le pla-tine, l'or, le fer, l'étain, et tous les métaux, bouillonnaient dansses veines, c'était une fièvre chaude qui la dévorait. Pendant queson axe incertain se balançait et que la mer poussait d'un pôleà l’autre ses flots écumanls, c’était un spasme nerveux ; pendantque l’atmosphère se condensait en torrents, c’était une sueurfroide qui lui ruisselait sur le corps; pendant qu’une vie nou-velle lui surgissait, c'était les angoisses de l’enfantement.

« Et elle s'écria avec douleur : — « Le bien aimé ne viendra-t il donc pas ? »

» Il viendra, dit le Seigneur; car telle est ma promesse. Mon» dernier messager va partir, et il restera auprès de toi comme» témoin de ma parole ; chaque jour il réjouira ta vue de l'aspect» de sa face au teint d’argent. En mémoire des ébranlements que» tu as ressentis à l'approche de mon messager, il fera molle-n ment balancer tes eaux, et les enverra chaque jour lécher les» pieds des continents.

» Va, dit le Seigneur, achève ta parure. »

« Ivre d’amour, elle déchaîna les fleuves, les vents, la foudreet les feux souterains. Voulant exciter les transports de l’époux,par un présent magnifique, elle se déchira les flancs, le pétrit etles étendit en plaines riantes, couvertes d’arbres, de fleurs et detroupeaux, là où étaient des rochers affreux et de pestilentielsmarécages; elle tamisa les montagnes, en sépara l’or des diamants,et les sema sur les plages où le bien-aimé devait descendre, etdans les riches vallées où il devait s’asseoir.