SAINT-SIM0N1ENS.
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» Elle entassa dans des cavernes, elle engloutit dans la pous-sière pâteuse des rochers, elle engloutit sous des coulées de basalteet de lave, les hippopotames hideux, les tigres et les rhinocérosgéants, et les innombrables bandes d’ours et d'hyènes qui ré-gnaient sous le soleil. Avec eux, elle enfouit à de plus grandesprofondeurs les palestrines et d’autres bêtes aux formes repous-santes et aux effroyables cris.
» l.e bien-aimé était venu. La terre eut aussi un soleil de nuit,qui, tous les jours, haletant, la suivait en tournant, comme unecompagne fidèle, et qui, sans cesse fixant sur elle sa face argen-tée, semble épier ses mouvements, comme le chien caressent quijoue autour du maître.
« Et un autre tableau se déroula devant moi.
» Je voyais dans les mers, au sein des abîmes et sur les flots,des objets prodigieux.
» J’apercevais des régions inconnues, je distinguais une terrepromise, gage de la nouvelle alliance de Dieu avec les hommes.
» l es vieux continents tressaillirent comme tressaille une fa-mille à la venue d’un nouveau-né.
» D’innombrables îles, jusque-là silencieuses, s'agitaient, etcomme si elles n’eussent pas achevé leur crue, s'assemblaient,s’élevaient au-dessus des eaux.
» L’homme étendait son domaine ; il conquérait les airs et s’ypromenait en triomphateur ; il gouvernait les marées comme l’é-clusier gouverne son canal : il tempérait les climats comme lechauffeur tempère son brasier; il domptait la foudre comme jadisun de nus pères dompta le fougueux étalon.
n [.'humanité de ses mains parait le monde comme un épouxsa tendre épouse après une longue absence, et elle, fière de sescaresses, écartait de lui des bêtes farouches et les animaux veni-meux; elle éteignait les feux les volcans, égalisait les climats,rappelait les fleuves débordés, modérait les ouragans et étalaitde nouveaux empires.
» Gloire à toi, Dieu bon ! gloire à toi. Seigneur Dieu ! qui asdonné de si douces destinées à l’homme et au monde ! gloire àcelui qui est ton prédestiné etquiestnotre père! gloire à l'hommedont la vie inépuisable se répand pas rivières, hors de son seinsur le monde, et lui revient du monde, large et calme, comme le