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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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CHAKI.US l'Ol'MER.

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| Charles Fourier n’a pas, il est vrai, abondé dans les idées| métaphysiques à l’exclusion des tendances sensuelles ; maisc’est, comme il l’avoue iui-mèmè, parce qu’il voulait réor-ganiser le corps avant de réorganiser l’esprit, les instinctsdevant, dans l’ordre nouveau, être satisfaits comme les pas-! sious, les besoins comme les sentiments. La lutte entre lesdeux principes, le bien et le mal, d’origine philosophique,u’avait, d’ailleurs, plus rien à faire dans un système quiprenait pour point de départ la légitimité, la nécessité detous les élans de l’àme et de la chair.

Le sommet de la doctrine de Fourier, c’est Dieu; maisen appelant Dieu esprit, il ne se déclare pas pourtant ex-clusivement spiritualiste. Il semble admettre, au contraire,que Dieu, l’homme et l’univers, comme êtres absolus etinfinis, peuvent, par de certains côtés, s’absorber et se con-fondre. Ce serait à peu près la formule saiut-simonieune :» Dieu est tout ce qui est, •> et un transport du fini dansl’infini. Cependant, en d'autres passages, Fourier distinguele créateur de la créature, parle de Dieu comme d’un êtreexistant de son fait, et du christianisme comme d’unecroyance qui nous a ramenés à de saines notions religieuses.Dieu, d’après lui, doit être notre première étude ; c’est encherchant en nous la révélation des instincts qu’il y a mis,leur application, lçur utilité, leur sainteté, que nous devons; trouver la clef des destinées futurs de l’homme.

[ Insistant peu, d’ailleurs, sur ces données métaphysiques,Fourier fait de la nature trois principes éternels et indes-tructibles : Dieu, la matière, la justice ou les mathémati-ques. Ici, entre Fourier et les autres philosophes, plus derapprochement possible : il marche vers ses idées. Dans latoute-puissance de Dieu, il trouve la cause, et dans sa jus-tice, la raison des destinées générales. Or, la volonté uni-