CHAULES FOL'HIER .
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Avant de déchaîner ainsi les passions sur le monde, ilétait utile peut-être de les récapituler toutes, de les distri-buer, de les peser attentivement, de les combiner. C’est untravail que Fourier n’a voulu déléguer à personne : il a re-connu lui-mcme ou cru reconnaître en nous trois buts d’at-traction : le besoin du luxe, la propension à se grouper , etla tendance à Y unité. Le luxe, divisé en luxe interne etexterne, comprend au premier titre la santé, au second larichesse. Comme les cinq sens sont du ressort de cettenature d’attraction, elle est, à cause de cela, subordonnéeaux passions qui naissent de lame. La propension à segrouper embrasse les passions affectives, l’amour, l’amitié,l’ambition, et une quatrième passion que l’inventeur nommele familisme (lien de parenté). Ces attractions de diversenature et de puissance variable servent à lier entre eux et àgrouper les individus. Mais au-dessus de ces passions, il enexiste trois autres qui leur sont supérieures, passion rec-trices, comme les nomme Fourier, mobiles des plus grandesactions humaines. Ces passions, l’inventeur les désigneainsi : la cabaliste, Yalternante , et la composite. La caba-lisle est la fougue à la lois réfléchie et spéculative qui tendà diviser les impulsions, afin de leur donner plus d’essor, àfixer les volontés pour une influence complexe. Dans notremonde on appellerait cette passion l’esprit d’intrigue, L’al-ternante, ou papillonne , est le besoin de variété irrésistiblechez l’homme, la soif de situations opposées, de contrasteset de changements de scène. L’alternante se mêle à tout,elle va d’un groupe à l’autre, de série en série, engendrel’attrait par la mobilité, et éloigne la satiété par de rapidesvoltes-faces. C’est elle qui répand le plus de bonheur sur lemécanisme sociétaire. Dans notre civilisation, cette passionse nommerait inconstance, goût du changement. Enfin la