CHARLES FOERIER.
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I aujourd’hui ? D’un côté le riche qui ne travaille pas, d’un| autre côté le pauvre qui travaille avec dégoût, des deux? parts répugnance. N’est-ce pas là, dit Fourier, un état anor-mal? Quoi ! Dieu aurait imposé le travail à l’homme commeune nécessité impérieuse, et en même temps il lui auraitmis dans le cœur une horreur instinctive pour le travail !Évidemment il y a confusion. La répugnance n’indiquequ’une chose, c’est que Dieu ne veut pas que le monde em-ploie éternellement son énergie à des besognes ingrates. Lejour où une meilleure entente présidera à la distributiondu travail, les riches oisifs disparaîtront ; ils envieront cequi est l’attribut du peuple. Pour cela il faut que le travailsoit une affaire d’option, un choix, un goût, une préférence,une passion enfin. Chacun s'adonnera à l’occupation qu’ilaime, à vingt s’il en aime vingt. Une rivalité charmante, unenthousiasme toujours nouveau, présideront aux travauxhumains, quand, sous la loi de l’attraction, les mortels seseront associés par groupes , dernière fraction sociétaire; parsériés , qui sont l’association des groupes, et par phalanges ,qui sont l’association des séries.
Le groupe est la sphère primitive de toute fonction, l’al-véole de la ruche sociale, le noyau de l’association. Un groupe,pour être normal, doit se composer de sept ou neuf per-sonnes : au-dessous il serait insuffisant, au-dessus il courraitle risque de manquer d’harmonie. L’harmonie particulièred’un groupe résulte de l’amalgame des attractions tantôtdivergentes, tantôt parallèles ; l’harmonie générale entre lesdivers groupes résulte de leur caractère, soit identique, soitopposé. Dans la composition des groupes, toute passion estconsidérée comme ressort : ainsi tantôt c’est l’amitié, tantôtc’est l’intérêt, tantôt c’est l’amour, tantôt c’est la gloire quidomine un groupe, et, dans son sein, l’essor de toute pas-