ROBERT OWEN.
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il en est d’autres plus ardents qui ne subissent pas avec lemême sang-froid les dures conditions du voyage, et qui,pour exciter les pèlerins paresseux, se prennent à célébrerles merveilles qui les attendent au bout du chemin. Ceux-cise substituent au rôle que remplirent les prophètes des pre-miers âges; ils entonnent le cantique de l’avenir, et, présa-geante ruine des cités maudites, ils chantent les splendeursde la Jérusalem nouvelle.
On vient de suivre les travaux et déjuger la vie de deuxde ces hommes, Saint-Simon et Charles Fourier. Il restemaintenant à parler d’un troisième, moins célèbre de cecôté du détroit, mais tout aussi digne de fixer l’attention ;génie moins original sans doute que les deux autres, maisplus évangélique, plus touchant comme personnalité; réfor-mateur sorti d’un atelier, et conduit de la pratique du tra-vail à la perception d’une doctrine : c’est M. Robert Owen.
II.
Yie et travaux de M. Owen. — Essai de New-Lanark. — Premièrestentatives de propagande dans le Royaume-Uni.
Si l’on excepte un petit nombre d’esprits qui s’intéres-sent aux sciences spéculatives, peu de personnes soupçon-nent, en France, tout le bruit qui s’est fait, chez nos voi-sins, autour de M. Owen et de son système. Pour la datedes idées, c’est pourtant un contemporain de Fourier et deSaint-Simon; car bien que la première manifestation de sesvues ne remonte qu’à 1811 et à un discours public pro-noncé à Glasgow, dès avant cette époque, M. Owen avaiténoncé des théories d’une hardiesse incontestable, et réalisédes faits d’une importance plus décisive encore.