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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
glais, peu pardounée en Écosse; il avait à lutter contre deshabitudes prises et de mauvais penchants enracinés ; il avaità la fois à refaire l’ordre moral d’une colonie et à réhabili-ter une spéculation. Il se dévoua noblement à cette doubletâche, à la première avec son cœur, à la seconde avec satète. Les maîtres ne comprennent pas assez combien lamoralisation de leurs ouvriers est à la fois une bonne œuvreet un bon calcul. Doué d’un sens droit et profond, M. Owenl’entrevit. Dès le jour de son installation, New-Lanark de-vint une famille de deux mille âmes, ramenée presque audroit naturel et gouvernée par un patriarche. Quatre anssuffirent pour faire d’une société déréglée et misérable unesociété heureuse et exemplaire. Tous les vices dont elleétait infectée furent étudiés un à un, traités en détail etattentivement, guéris sans châtiment, réprimés sans violence.Ainsi, pour combattre le vol et le recel, ou ne se prit point àpunir les voleurs et les recéleurs ; mais on leur apprit, cequi vaut mieux, à rougir d’eux-mêmes; on les prêcha parla parole et par l’exemple ; on les fit entourer d’ouvriersvertueux, dont la surveillance les contenait et dont la con-duite était pour eux un perpétuel reproche. En fait d’expia-tion, la peine infligée par un supérieur n’est rien pour lecoupable ; ce qui lui est intolérable, c’est le mépris de seségaux. Tout le code répressif de New-Lanark était renfermédans cette pensée. Quelques contre-maîtres, hommes sageset probes, formés sous les yeux et par les soins de M. Owen,lui servirent d’instruments : ils composèrent dans la co-lonie une hiérarchie imperceptible qui, s’inspirant du chef,pénétrait ensuite jusque dans les moindres ménages d’ou-vriers pour y féconder les germes d’ordre, de bonté et devertu. La police de New-Lanark se faisait ainsi de travail-leur à travailleur, sans dureté, sans bassesse, sans espion-