HUBERT OWEN.
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pour uue fondation pareille : le territoire était pauvre etmal cultivé, la population rare et misérable, les voies decommunication clairsemées et horriblement entretenues.La seule raison qui détermina M. Dale fut une magnifiquechute d’eau que présente sur ce point la rivière écossaise.La découverte de Watt n’avait pas encore complété celled’Arkwright, et les puissances hydrauliques constituaientalors un inappréciable élément de richesse. M. Dale bâtitdonc un village à New-Lanark et y installa les métiers desa filature.
Au moment où la cession en fut faite à M. Owen, l’éta-blissement, malgré l’avantage de ses moteurs naturels, étaitloin d’être prospère. Quoiqu’on eût élevé de vastes construc-tions et offert aux travailleurs des logements gratuits, lesbras manquaient à la manufacture, et la disette d’hommesavait empêché de se montrer difficile sur le choix. Commeélément viril, New-Lanark ne comptait donc que le rebutde la population des trois royaumes, et les enfants que l’ontirait des hospices d’Édimbourg étaient si faibles et si jeunes,qu’à moins de les énerver avant l’àge, il était impossible deles employer. Produit d’agrégats vicieux ou hétérogènes, lacolonie de New-Lanark ne fut bientôt qu’un théâtre de plusouvert aux débauches et aux misères qui déshonorent lesgrands centres manufacturiers. La paresse et la pauvreté,l’ignorance et l’ivrognerie, les dissensions religieuses, le vol,les querelles s’y établirent à demeure, et le travail dut seressentir de la moralité des individus qui y concouraient.Ainsi, tout excellent qu’il pùt être, M. Dale n’avait réussià fonder ni un village heureux, ni une manufacture floris-sante.
Ce fut dans cet état que M. Owen prit New-Lanark. Auxyeux des ouvriers indigènes il avait à expier sa qualité d’An-