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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUlï UES RÉFORMATEURS.

ports de ces hommes avec lui, M. Owen dirigeait leursrapports entre eux dans la même ligne d’idées, combattantle vice par le mépris et l’isolement, prêchant la vertu parle spectacle de ses bienfaits et de ses joies. Il créa de lasorte, pour New-Lanark, un milieu nouveau, d’où dispa-rurent toutes les circonstances qui pouvaient servir au dé-veloppement des mauvais instincts, pour ne laisser de jeulibre qu’aux circonstances, mères d’un esprit d’ordre, derégularité, de tempérance et d’industrie. C’est ainsi que,par calcul autant que par raison, celte population ouvrièrese laissa guider dans une voie de réforme dont sa prospéritéet son bonheur formaient le couronnement.

Une fois arrivé là, M. Owen comprit qu’il y avait pourlui un théâtre plus vaste. Il dut se dire et se dit que siNew-Lanark, colonie d’artisans écossais, avait pu être gou-verné par le seul code de la raison, sans shériff et sanscoroner, il n’existait aucun motif de croire qu’un pareilsystème ne pùt s’appliquer à toutes les sociétés humainesL’heure d’ailleurs était parfaitement choisie pour une pro-pagande. New-Lanark avait fait du bruit en Europe; il avaitoccupé beaucoup de tètes et passionné encore plus d’imagi-nations. Chaque année, deux mille visiteurs, et dans lenombre des personnages importants, parmi lesquels figural’empereur actuel de Russie, venaient jouir du spectacle decette colonisation, aussi heureuse, sur les bords de la Clydc,que celle des Battuccas dans sa fabuleuse oasis d’ibérie, oucelle des Andorrains dans ce vallon mystérieux que formeun repli des Pyrénées. New-Lanark avait la vogue ; il fallaiten profiler. Puis les incrédules disaient qu’une épreuveisolée ne concluait pas, que l’intervention de l’homme ac-croissait la valeur apparente du procédé; qu’enfin, les exem-ples de ces civilisations heureuses et solitaires n’étaicut pas